Activités

Peinture

On utilise la technique de la feuille mouillée avec des couleurs aquarelles liquides. Les couleurs s’interpénètrent et s’éparpillent, ce qui rend la peinture figurative difficile. L’enfant ne s’attardera donc pas sur les détails, mais fera, en contre-partie, une expérience au niveau du sentiment, au travers des couleurs : sentiments d’ampleur, émerveillement des rencontres qui s’opèrent entre les couleurs, etc…

Jeux libres

Les grands (5 ans et plus), s’ils le désirent, ont la possibilité d’entrer dans une activité manuelle d’une plus grande envergure, ils pourront la reprendre au cours de la semaine, voire du mois. Ce travail développera chez l’enfant : concentration et persévérance ainsi que sa motricité fine.
En plus des jouets comme : personnages, charrette, train, animaux en bois, poupées en tissus, landeaux, dînette, etc., des matériaux naturels à multiples fonctions sont mis à disposition comme : racine et bois de toute forme, marrons, pierres de diverses grandeurs, pives, tissus de toutes tailles. Cela permet à l’enfant d’une part une diversité de texture à expérimenter, ce qui développera son sens du toucher, mais aussi lui permet d’entrer pleinement dans son imagination créatrice grâce à un matériel qui s’adaptera à la création du moment.

Goûter

Après s’être lavé les mains, souvent en jouant avec les doigts, nous prenons le goûter préparé la plupart du temps par les enfants. Des aliments “bio”  sont adaptés à leurs besoins. C’est un moment convivial et d’échange, mais aussi où l’on apprend à attendre, pour parler, pour recevoir la nourriture, à rester assis, à manger proprement.

Modelage

La joie de la métamorphose : le petit enfant n’est-il pas aussi, à cet âge, plus qu’il ne le sera jamais dans sa vie, dans la métamorphose ? Ses membres s’allongent, ses os se durcissent, ses organes maturent, tout est en évolution. Lorsqu’il reçoit dans ses mains, au préalable chauffées par une comptine ou un jeu de doigts, il s’empresse de palper, de rouler, de réchauffer la masse pour qu’elle devienne plus malléable.

La couleur, l’odeur de cire d’abeille, la texture, tout porte l’enfant à manipuler. D’abord avec les paumes, il utilisera de plus en plus le bout des doigts en grandissant. La boule deviendra tapis, rouleau, escargot, nid , oiseau… Le résultat importe guère, la métamorphose qu’appliquent les petites mains affairées, à la masse de cire, est l’élément nourricier pour l’âme de l’enfant. Presser, rouler, étirer et l’enfant découvre que point n’est besoin de morceler, de déchirer mais que d’une forme déterminée peut naître une autre tout aussi finie. L’unité reste intacte.

Se percevoir en tant qu’unité, vivre la transformation, la métamorphose, mais toujours ressentir cette même globalité de soi, permet de développer chez l’enfant, en plus de la motricité fine, le sentiment d’habiter son corps, sa propre maison, dans un abri où l’on se sent en sécurité.

Pain

La fabrication du pain permet à l’enfant une rencontre avec la matière vivante, issue du végétal. La pâte est occasionnellement préparée avec les enfants, mais un général elle a déjà “levé” une première fois, lors de l’arrivée des enfants.

L’activité sera donc le pétrissage. Au préalable, les mains sont réchauffées, soit par le frottement ou l’enveloppement des mains deux à deux ou encore sur le rythme d’une comptine de boulanger. La masse de pâte est séparée et un enfant “serviteur” porte à chacun le pain à pétrir, alors qu’un autre “serviteur” dépose devant chacun, la farine.

Des chansons, des comptines rythment les mouvements que les enfants imitent de plus en plus au fil des mois. Pétrir, taper, retourner, jusqu’à ce que la pâte soit douce, chaude, odorante. Alors on façonne une boule bien ronde qui commence à gonfler entre les petites mains bien réchauffées. On enfourne et on hume les effluves du pain qui se colore alors que nous avons repris le jeu.

Le sens du toucher, de l’odorat, du goût sont alors bien éveillés au moment du goûter où l’on déguste notre “panification”. Chacun s’apaise et la jardinière peut percevoir le sentiment de bien-être qui vient alors habiter chaque enfant.

Comme le monde est bon !

Eurythmie

Le jeune enfant, être d’imitation par excellence, explore le monde par le mouvement intrinsèque qui lui permet la rencontre. Depuis sa naissance, il exerce ses mouvements, les oriente, les stabilise, les affine ; il développe ainsi la marche, la parole et la pensée.

L’eurythmie, dans sa définition “d’art du mouvement” laisse présager une nouvelle forme de rencontre pour l’enfant : l’interpénétration de la musique, du rythme et de la langue dans le geste. Cet “art” est pratiqué par l’eurythmiste, porteuse d’une formation spécifique au sein de l’anthroposophie selon Rudolf Steiner.

La séance est construite autour d’une histoire qui, par les images évoquées, suscite chez l’enfant des représentations du monde qui l’entoure. Le rythme, les contrastes, les images véhiculées par la parole et le chant de l’eurythmiste, soulève chez l’enfant l’enthousiasme, la joie, la volonté d’imiter avec tout son corps, le monde imaginaire qui est évoqué.

L’eurythmie renforce et développe chez l’enfant la capacité de fermeture et d’ouverture au monde, tout en restant centré sur lui-même. Il saisit alors son corps comme instrument d’incarnation et travaille, à travers ses mouvements, à renforcer l’équilibre dedans- dehors.

Ronde

Une “partie rythmique” dans la matinée où l’enfant quitte son jeu pour participer, en groupe, à la joie de vivre le mouvement. Le chant, le rythme, les alternances, les images, le mouvement, l’imitation sont les ingrédients de la ronde. Qu’ils suivent de loin le mouvement ou de plus près en donnant la main, les enfants imitent la jardinière et dès la deuxième ou troisième répétition, devancent déjà le récit.

Comme dans le premier cercle connu, celui de la famille, l’enfant ressent dans la ronde une nouvelle appartenance. La forme de cercle réveille chez l’enfant l’image de la sécurité, de la protection. Cette forme sera souvent reprise par le cercle du goûter, le cercle de l’histoire car elle répond bien au vécu du jeune enfant dont ses dessins en sont l’écriture. Il se perçoit lui-même comme un cercle dans une plus grande ronde familiale

Susciter l’activité motrice de l’enfant par le rythme dans la ronde, permet de créer des bases solides où les facultés cognitives pourront plus tard prendre appui. Le mouvement est essentiel pour le bon développement de l’enfant, pour ses futurs apprentissages.

Pour la ronde du printemps, à l’aide de petites collerettes ou d’un chapeau, les enfants se transforment en fleurs, en papillons ou en oiseaux, chantent et dansent des mélodies rythmées où leur corps est entièrement mobilisé. En hiver, les enfants se transforment en flocons à l’aide d’une petite cape blanche et ils tourbillonnent soufflés par le vent froid. Qu’ils soient souris ou dragons, escargots ou rivières, les rires fusent de partout et l’enfant, sans faire appel à ses facultés intellectuelles, harmonise ses mouvements.

Jeux d’extérieur

C’est là que nous profitons du jardin. Bacs à sable et balançoires sont à disposition, ainsi que différents outils pour jardiner et travailler la terre. Des constructions sont aussi entreprises par les plus grands.

Il expérimentera d’une manière inconsciente les lois de l’apesanteur, de l’équilibre, la projection dans l’espace qui lui donneront une certaine assise, une certaine assurance lors des jeux libres. L’enfant développera ses facultés sociales, sa volonté, son engagement personnel et son enthousiasme.

Histoire

“Raconte-moi une histoire” disent les enfants lorsqu’ils ont rangé les jeux et que les joues rougies par l’effort physique, ils demandent un peu de repos.

En fin de matinée, un cercle est formé avec les chaises, en son centre est allumée une bougie. Les enfants s’installent et attendent le moment de l’histoire.

C’est un moment de demi-rêve où les enfants écoutent et forment intérieurement des images. La promenade du cheval dans la prairie, sa discussion avec le nain des fleurs, l’envol de l’oiseau d’or, la rencontre avec les fées du vent… Toutes ces images créent chez l’enfant une résonance, un imaginaire doté de tous les possibles. L’enfant s’identifie à ces divers personnages et comme la même histoire vit au jardin d’enfants pour quelques semaines, au fil des jours, il est cheval, nain, oiseau… selon son monde imaginaire du moment.

Pour la jardinière, l’usage de supports tels que poupées de table, marionnettes à fils ou marionnettes à doigts permet de diriger l’attention mais aussi de nourrir les jeux libres des enfants. L’enfant découvre alors qu’on peut remplacer l’écran de télé en mettant soi-même en mouvement les personnages et en racontant une histoire.

Le conte, disait Rudolf Steiner, est le lait de l’âme pour l’enfant. À ce titre, au jardin d’enfants, il tient une place importante dans un rythme quotidien. L’enfant se nourrit d’imaginaire avant de reprendre chaque jour, en fin de matinée, le chemin vers sa maison.

Promenade

Marcher, courir, gambader, grimper, sont des activités où l’enfant utilise son corps entier jusqu’à en découvrir les limites. La promenade est une activité insérée dans le rythme de la semaine pour permettre aux enfants de repérer, dans les alentours de leur milieu de vie, de nouvelles références. Ces sorties en groupe, accompagnées de deux adultes, seront tantôt structurées deux par deux, en se donnant la main sur la route et deviendront découvertes et course individuelle là où le terrain le permet. Ainsi, les collines à gravir, les pentes à dévaler, la nature à côtoyer, les divers métiers rencontrés sur le passage, sont tous des points d’intérêt de la promenade.

Quelle joie et quelle source d’imagination que de s’arrêter devant un chantier où des grues et machines ronronnent tout en transvasant les matériaux. Le lendemain et les jours suivants, les jeux libres se développent autour de cette activité. Si, au contraire, la promenade conduit vers la rivière, la construction de cannes à pêche, la recherche de pierres précieuses, les jeux avec l’eau, ce nouveau monde sera instructif pour l’enfant.

Comme la promenade suit toujours les mêmes chemins, la faculté de se souvenir est aussi mise à contribution. “Au pied de cet arbre nous avions construit une cabane pour les lutins, près de ce gros caillou nous avions fait un barrage, vers cette barrière nous avions posé un bouquet de pâquerettes…” Il fait bon découvrir ainsi le monde à pied.